Syphilis
La syphilis est une infection sexuellement transmissible (IST). La bactérie en cause se transmet par contact sexuel, mais aussi de la mère à l'enfant pendant la grossesse. Le port du préservatif est un moyen efficace pour l'éviter.
Vladimir Sukhachev
Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont des maladies qui s’attrapent lors des rapports sexuels. Il existe plusieurs IST, les plus fréquentes sont :
le VIH ;
l’infection à chlamydia ;
l’infection à gonocoque (gonorrhée) ;
la syphilis ;
l’infection par le virus herpès ;
les hépatites ;
l’infection à papillomavirus (HPV)
Certaines infections peuvent aussi se transmettre lors des échanges de sang, par le partage d’aiguilles, par exemple, ou à l’accouchement.
Se faire dépister permet de savoir si on a ou pas une IST. Savoir qu’on a une IST permet :
de commencer un traitement pour se soigner ;
de faire le nécessaire pour ne pas transmettre l’IST à d’autres personnes.
En effet, beaucoup d’IST ne causent pas de signe (symptôme), en tous cas au début. Elles peuvent donc passer inaperçues. L’IST peut donc se développer et la personne peut transmettre l’IST sans s’en rendre compte.
Certaines IST peuvent avoir des conséquences plus graves. Par exemple :
le chlamydia peut rendre une femme stérile ;
la syphilis et le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) peuvent être graves et même mortels si on ne les soigne pas ;
les hépatites peuvent attaquer le foie et donner une cirrhose ou cancer du foie ;
le papillomavirus humains (HPV) peut causer un cancer du col de l’utérus.
La bonne nouvelle, c’est que des traitements existent pour toutes ces maladies, surtout si on les voit rapidement. Se faire dépister permet donc de protéger à la fois sa santé et celle des personnes avec lesquelles on a des rapports sexuels.
Cette Fiche Info Santé parle uniquement des IST pour lesquelles il est recommandé de faire un dépistage, même si la personne n’a pas de symptôme. Cette Fiche Info Santé ne parle donc pas de l’herpès et du papillomavirus. D’autres Fiches Info Santé parlent de ces 2 infections : Herpès génital, Frottis de col et Dépistage précoce du cancer du col.
Le dépistage est important pour toutes les personnes qui ont des rapports sexuels. En fonction de l’âge, des pratiques sexuelles et du contexte, certains dépistages sont plus utiles que d’autres.
Si vous avez eu un ou des rapport(s) hétérosexuel(s), l’infection à chlamydia et la gonorrhée sont les IST les plus importantes à dépister.
En effet, ce sont les 2 IST les plus fréquentes. Si vous n’avez pas été vacciné·e ou que vous ne savez plus si vous avez été vacciné·e contre l’hépatite B, il est également recommandé de dépister l’hépatite B.
De plus, si vous avez un rapport sexuel avec :
des hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes ;
des personnes qui voyagent ou qui viennent d’arriver de régions où le VIH, la syphilis et l’hépatite C sont fréquentes, comme par exemple, en Afrique subsaharienne, dans le Pacifique occidental ou en Amérique ;
des personnes qui ont des relations sexuelles contre de l’argent, des services, de la drogue ou un autre avantage ;
des usagers de drogue qui partagent leur matériel de consommation (pailles, aiguilles),
il est recommandé de dépister le VIH, la syphilis et l’hépatite C.
En cas de grossesse, il est recommandé de dépister la syphilis et le VIH.
En effet, ces infections peuvent passer chez l’enfant pendant la grossesse.
Si vous n’avez pas été vacciné·e ou que vous ne savez plus si vous avez été vacciné·e contre l’hépatite B, il est recommandé de la dépister.
Si :
vous ou votre partenaire avez moins de 25 ans ;
vous ou votre partenaire avez des rapports sexuels avec des hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes ;
vous ou votre partenaire avez des rapports sexuels avec des personnes qui voyagent ou qui viennent d’arriver de régions où le chlamydia et le gonocoque sont fréquents, comme en Afrique subsaharienne, dans le Pacifique occidental en en Amérique ;
vous ou votre partenaire avez des rapports sexuels en échange d’argent, de services, de drogue ou de tout autre avantage,
il est recommandé de dépister l’infection à chlamydia et la gonorrhée.
Le test de dépistage du chlamydia et de la gonorrhée se font
au 1er trimestre ;
et au 3ème trimestre, même s’il est négatif au 1er trimestre,
ce qui permet d’éviter de les transmettre à l’enfant à naître.
Il n’existe pas assez de données sur la santé sexuelle des femmes qui ont des rapports sexuels avec d’autres femmes. Les IST les plus fréquentes en cas de rapport entre femmes sont la vaginose bactérienne et la vaginite à Trichomonas, le papillomavirus (HPV) et l’herpès . Une infection à chlamydia ou à gonocoque est également possible.
En plus de la réalisation de frottis du col de l’utérus réguliers dès 25 ans il est donc recommandé de réaliser les mêmes dépistages que pour la population hétérosexuelle, c’est-à-dire le dépistage :
du chlamydia ;
de la gonorrhée ;
de l’hépatite B si vous n’avez pas été vacciné·e ou que vous ne savez plus si vous avez été vacciné·e contre l’hépatite B ;
du VIH, de la syphilis et de l’hépatite C si vous avez un rapport sexuel avec :
des personnes qui voyagent ou qui viennent d’arriver de régions où le VIH, la syphilis et l’hépatite C sont fréquentes, comme par exemple en Afrique subsaharienne, dans le Pacifique occidental ou en Amérique ;
des personnes qui ont des relations sexuelles contre de l’argent, des services, de la drogue ou un autre avantage ;
des usagers de drogue qui partagent leur matériel de consommation (pailles, aiguilles).
Si vous êtes un homme et que vous avez eu un ou des rapport(s) sexuel(s) avec d’autres hommes, il est recommandé de faire les dépistages suivants :
gonocoque ;
chlamydia ;
syphilis ;
VIH.
Si vous n’avez pas été vacciné·e ou que vous ne savez plus si vous avez été vacciné·e contre les hépatites A et B, il est recommandé de les dépister.
Enfin, si :
vous prenez une prophylaxie pré-exposition (PrEP) contre le VIH ;
vous vivez avec le VIH ;
si vous avez eu un ou des rapport(s) sexuel(s) pouvant entraîner des saignements,
il est recommandé de dépister l’hépatite C.
Si vous recevez des services, des biens ou de l’argent en échange de rapport sexuel, il est recommandé de faire les dépistages suivants :
gonocoque ;
chlamydia ;
syphilis ;
VIH.
Si vous n’avez pas été vacciné·e ou que vous ne savez plus si vous avez été vacciné·e contre l’hépatite B, il est recommandé de la dépister.
Enfin, si :
vous prenez une prophylaxie pré-exposition (PrEP) contre le VIH ;
vous vivez avec le VIH ;
vous avez des rapports sexuels pouvant entraîner des saignements,
il est recommandé de dépister l’hépatite C.
Si vous consommez des drogues, utilisez du matériel stérile et ne le partagez pas. Par exemple :
en cas d’injection : aiguille, seringue, coton, filtre, garrot, eau, cuillère ;
en cas de snif : embout de pipe.
Si vous consommez des drogues en injection ou par sniff et que vous avez partagé votre matériel de consommation, il est recommandé de faire les dépistages suivants:
gonocoque ;
chlamydia ;
syphilis ;
VIH ;
hépatite C.
Si vous n’avez pas été vacciné·e ou que vous ne savez plus si vous avez été vacciné·e contre l’hépatite B, il est recommandé de la dépister.
Si vous avez voyagé depuis certains pays ou si vous avez eu un rapport sexuel avec une ou des personne(s) originaire(s) ou voyageant dans ces pays comme en Afrique subsaharienne, dans le Pacifique occidental ou en Amérique, les dépistages suivants sont recommandés :
gonocoque ;
chlamydia ;
syphilis ;
VIH.
Si vous n’avez pas été vacciné·e ou que vous ne savez plus si vous avez été vacciné·e contre l’hépatite B, il est recommandé de la dépister.
Enfin, si vous venez d’Asie centrale, Asie de l’Est, Asie du Sud, Europe de l’Est, Afrique du nord ou du Moyen-Orient, il est recommandé de dépister l’hépatite C.
Si vous êtes une personne transgenre, les dépistages sont fonction, comme pour toute personne, du type de rapport sexuel, de vos partenaires, et de votre anatomie. Pour savoir quels dépistages sont recommandés pour vous, vous pouvez donc vous référer aux sections précédentes :
en cas de rapport hétérosexuel ;
en cas de grossesse ;
en cas de rapport entre femmes ;
en cas de rapport entre hommes ;
en cas de rapports sexuels contre de l’argent, de la drogue, des services ou tout autre avantage ;
en cas d’utilisation de drogue avec partage du matériel de consommation ;
en cas de voyage ou migration récente.
Le dépistage des IST se fait par une prise de sang, une analyse d’urine ou un frottis :
VIH, syphilis et hépatites (A, B et C) : par prise de sang ;
chlamydia et gonocoque : par analyse d’urine ou par frottis :
vaginal ;
de gorge ;
anal.
Le choix de faire une analyse d’urine et le choix de la zone du frottis dépend du type de rapport sexuel que vous avez (anal, vaginal, fellation). Il est important de faire le bon test pour dépister les IST.
IST | Sang | Urines / Vagin / Gorge / Anus |
VIH | x |
|
Syphilis | x |
|
Hépatites (A, B et C) | x |
|
Chlamydia |
| x |
Gonorrhée |
| x |
Parfois, le ou la professionnel·le de la santé réalise plusieurs tests. Par exemple, si vous avez eu un rapport anal et fait une fellation.
Chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, il est recommandé de faire 3 tests : une analyse d’urines, un frottis de gorge et un frottis de l’anus.
Il existe aussi des tests rapides qui donnent le résultat en quelques minutes à partir d’une goutte de sang prélevée au bout du doigt. Ces tests sont le plus souvent utilisés par des associations ou des centres de dépistage et certains peuvent s’acheter en pharmacie. Ils permettent, selon les tests, de tester le VIH, la syphilis et l’hépatite C.
Vous pouvez faire le dépistage chez votre médecin généraliste, votre gynécologue, dans un centre spécialisé dans le dépistage des IST ou dans un centre de planning familial. Votre médecin ou un infirmier ou une infirmière réalise la prise de sang.
Vous pouvez demander au professionnel·le de la santé de faire vous-même le frottis de gorge, d’anus et de vagin.
Il existe aussi un test VIH que vous pouvez faire vous-même (autotest VIH). Vous pouvez l’acheter en pharmacie.
Si votre autotest est négatif, et que cela fait plus de 3 mois que vous avez eu un contact à risque, vous êtes séronégatif ou séronégative.
Si votre autotest est positif (réactif), il est important d’aller consulter un ou une médecin pour faire une prise de sang et ainsi vérifier les résultats de l’autotest.
Avant de passer le test, il faut attendre un certain temps entre le moment du contact possible avec un microbe qui peut causer une IST et le moment du test. Cette attente de quelques semaines est nécessaire pour avoir un résultat fiable :
chlamydia et gonorrhée peuvent mettre jusqu’à 2 semaines depuis le dernier rapport sexuel avant d’être positifs ;
VIH et syphilis peuvent mettre jusqu’à 6 semaines depuis le dernier rapport sexuel avant d’être positifs ;
les hépatites peuvent mettre de 6 à 12 semaines depuis le dernier rapport sexuel avant d’être positives :
6 semaines pour l’hépatite A ;
8 semaines pour l’hépatite B ;
12 semaines pour l’hépatite C.
| Temps d’attente recommandé avant de faire le test de dépistage | |||
| 2 semaines | 6 semaines | 8 semaines | 12 semaines |
Chlamydia | x | x | x | x |
Gonorrhée | x | x | x | x |
VIH |
| x | x | x |
Syphilis |
| x | x | x |
Hépatite A |
| x | x | x |
Hépatite B |
|
| x | x |
Hépatite C |
|
|
| x |
Vous avez un doute ? Consultez votre médecin, un centre de planning familial ou un centre de dépistage.
Vous pouvez manger et boire normalement avant de faire la prise de sang c’est-à-dire qu’il n’est pas nécessaire d’être à jeun.
L’analyse d’urine ou les frottis doivent être réalisés le même jour que la prise de sang. Vous pouvez faire les frottis vous-même en demandant le matériel nécessaire.
Test sur urines
Voici quelques conseils pour que le test sur urines soit fiable :
l’urine doit être l’urine du premier jet des premières urines du matin ;
s’il est impossible de faire les premières urines du matin, attendez au moins 1 heure depuis la dernière fois où vous êtes allé·e aux toilettes ;
il est inutile de remplir entièrement le pot d’urine. Au contraire, trop le remplir peut fausser le test. Essayez de ne pas le remplir plus haut que le chiffre 10 ou 20 sur le pot.
Si vous avez fait le test au bon moment et en suivant les conseils pour le test sur urines et que le test est négatif, cela veut dire que vous n’avez pas la maladie.
Si le test est positif, cela veut dire que vous avez la maladie. Si le test est positif pour le VIH, votre médecin peut demander une prise de sang de contrôle pour confirmer le résultat. Votre médecin vous propose alors un traitement ou vous conseille de consulter un ou une spécialiste pour le traitement :
si vous avez une infection à chlamydia, un traitement antibiotique par la bouche permet de la guérir ;
si vous avez une gonorrhée, une piqûre d’antibiotique dans le muscle permet de la guérir ;
si vous avez la syphilis, le traitement dépend du stade de la syphilis :
si l’infection dure depuis moins d’1 an, 2 piqûres d’antibiotique suffisent pour la guérir,
si l’infection dure depuis plus d’1 an, il faut plus de piqûres ;
si vous avez le VIH, votre médecin vous conseille de prendre rendez-vous avec un ou une médecin spécialiste des maladies infectieuses. C’est ce ou cette médecin qui vous prescrit le traitement. Le VIH ne se guérit pas, mais on peut vivre normalement avec le VIH ;
si vous avez une hépatite, votre médecin vous conseille de prendre rendez-vous avec un ou une médecin spécialiste des maladies du foie (hépatologue).
Dans tous les cas, si vous avez une IST, il est conseillé d’en parler à vos partenaires actuel·les et récent·es pour qu’elles ou ils puissent se faire tester et soigner. Si vous avez une infection à chlamydia, à gonocoque ou la syphilis, vos partenaires peuvent alors recevoir un traitement avant d’avoir les résultats de leur test.
Dépistage.be
Associations spécialisées et centres de planning familial qui offrent un service de dépistage rapide
Dépistage.be
Depistage.be
Dépistage, traitement et suivi des IST en consultation
KCE – Centre Fédéral d’expertise des Soins de Santé
Sexually Transmitted Infections Treatment Guidelines, 2021
PubMed Central
Étape 1 sur 6
La syphilis est une infection sexuellement transmissible (IST). La bactérie en cause se transmet par contact sexuel, mais aussi de la mère à l'enfant pendant la grossesse. Le port du préservatif est un moyen efficace pour l'éviter.
Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) affaiblit le système de défense du corps contre les infections. Sans médicament, une infection par le VIH peut provoquer le syndrome d’immunodéficience acquise (Sida). La personne attrape de plus en plus d’infections ou développe d’autres maladies.
La gonorrhée, appelée aussi blennorragie ou « chaude-pisse », est une infection sexuellement transmissible (IST). C'est une bactérie qui en est à l'origine. La maladie se transmet presque exclusivement par contact sexuel.
Le col de l’utérus est la partie basse de l’utérus qui communique avec le vagin. Le frottis permet de rechercher des papillomavirus ou un cancer du col de l’utérus. La colposcopie et la biopsie sont des examens réalisés si le frottis est anormal.
La chlamydia trachomatis est une bactérie qui peut causer une infection sexuellement transmissible (IST). Elle est fréquente et peut passer inaperçue. Elle peut donner des symptômes urinaires ou génitaux. L'utilisation de préservatifs permet de l'éviter.
L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST). Il est causé par le virus de l’herpes simplex (HSV). Ce virus est très contagieux. Il reste dans le corps toute la vie, sans nécessairement provoquer des symptômes.
L'hépatite est une inflammation du foie. Quand elle est virale, elle peut être causée par 7 virus différents: A, B, C, D, E, F et G. Chaque virus a ses caractéristiques spécifiques.