Le sepsis, qu’est-ce que c’est ?
Le sepsis est une réaction grave du corps à une infection. Normalement, lorsqu’une personne a une infection, par exemple une infection respiratoire, son système de défense (système immunitaire) lutte contre cette infection. Dans le sepsis, cette réaction immunitaire est déréglée et abime des organes comme les reins, les poumons, le cœur ou le cerveau. Cette réaction immunitaire met la vie de la personne en danger.
Avant, on parlait « d’empoisonnement du sang » ou de « septicémie ». Mais ce n’était pas tout à fait correct et pas forcément clair. En effet, le sepsis ne veut pas dire que le sang est empoisonné ou qu’il y a des bactéries dans le sang. Le sepsis est une réaction immunitaire déréglée, suite à une infection, et qui entraine des conséquences sur les organes. Lorsqu’une personne a des bactéries dans le sang, on parle de bactériémie. Ce n’est pas la même chose que le sepsis. Souvent, le système immunitaire arrive à éliminer lui-même ces bactéries sans provoquer de sepsis.
Quelles sont les causes d’un sepsis ?
Le sepsis est provoqué par une infection par un microbe, généralement une bactérie. Mais, parfois, c’est une infection par un virus, un champignon, ou un parasite qui cause le sepsis.
Toutes les infections peuvent entrainer un sepsis. Le plus souvent, cela arrive suite à :
une pneumonie ;
une infection urinaire, par exemple, une infection des voies urinaires du rein (pyélonéphrite) ;
une infection au niveau du ventre ou des intestins ;
Moins souvent, la cause du sepsis est :
Le sepsis est une urgence médicale car l’état de la personne peut s’aggraver rapidement. Un traitement intensif à l’hôpital est nécessaire. Plus le traitement est commencé tôt, plus les chances de guérison sont élevées.
Choc septique
Parfois, le sepsis peut évoluer vers un « choc septique ». La tension artérielle diminue très fort (forte chute de tension). Les organes ne reçoivent alors plus suffisamment de sang et ne fonctionnent plus correctement. Un choc septique est plus difficile à traiter.
Quels sont les facteurs de risque d’un sepsis ?
Lorsqu’une personne a une infection, elle peut développer un sepsis.
Certaines personnes ont plus de risque de développer un sepsis, par exemple :
les personnes qui ont plus de 65 ans, et surtout après 75 ans ;
les personnes qui ont un système immunitaire affaibli ;
les personnes qui ont une maladie persistante (chronique), par exemple, un diabète ou une maladie chronique des poumons (bronchopneumopathie chronique obstructive ou BPCO) ;
les personnes qui ont besoin d’une dialyse rénale ;
les personnes qui viennent d’être opérées :
les personnes qui vivent avec une sonde urinaire (sonde à demeure) ou avec un cathéter dans un vaisseau sanguin, par exemple, pour recevoir régulièrement des médicaments ;
les personnes qui ont une blessure au niveau de la peau par exemple une coupure, une brûlure, une cloque ou une infection de la peau (infection cutanée), par exemple, un abcès cutané ;
les personnes enceintes ou qui viennent d’être enceinte :
les personnes qui ont une consommation excessive d'alcool ;
les personnes qui utilisent des drogues en injection.
Certains enfants ont plus de risque de développer un sepsis, par exemple :
les enfants qui ont moins d’1 an ;
si la personne enceinte de l'enfant a eu une infection à la fin de sa grossesse ou au moment de l'accouchement ;
les enfants qui ont un système immunitaire affaibli ou une maladie chronique ;
après une blessure ou une opération ;
les enfants qui vivent avec une sonde urinaire (sonde à demeure) ou un cathéter dans un vaisseau sanguin, par exemple, pour recevoir régulièrement des médicaments.
Chez qui et à quelle fréquence ?
Un sepsis arrive principalement chez les personnes plus âgées. Environ 2 personnes sur 3 qui ont un sepsis ont plus de 65 ans. Parmi les enfants, le sepsis touche le plus souvent les enfants de moins d’1 an.
On estime qu’en Belgique, environ 1 personne sur 300 a un sepsis chaque année.
Une infection peut évoluer en sepsis. Cela peut être difficile à reconnaitre. Les premiers signes (symptômes) sont les signes habituels d’une infection : vous avez de la fièvre, vous ne vous sentez pas bien. Mais une personne peut avoir un sepsis, même sans avoir de la fièvre.
Vous pouvez penser à un sepsis :
lorsqu'une infection s’aggrave brusquement ;
si les symptômes d’une infection ne s’améliorent pas, même avec un traitement, par exemple, avec des antibiotiques.
Une personne qui a un sepsis peut, par exemple :
se sentir très faible ;
avoir de la fièvre ou, au contraire, avoir une température très basse (en-dessous de 36°C) ;
avoir des frissons ou des sueurs ;
avoir le cœur qui bat très vitre ;
avoir une respiration très rapide ;
être pâle ;
avoir des vertiges ou la tête qui tourne ;
être confus·e ;
uriner moins que d’habitude.
Elle peut aussi avoir des nausées, des vomissements, de la diarrhée ou avoir très mal aux muscles.
Chez les jeunes enfants, les symptômes sont souvent moins faciles à voir. L’enfant peut, par exemple :
refuser de boire ou de manger ;
respirer vite, ou de manière irrégulière, faire des pauses quand il respire ;
être plus fatigué que d’habitude et avoir plus de mal à rester éveillé :
être plus agité que d’habitude ou pleurer un peu tout le temps ;
ne pas réagir comme d’habitude ;
faire moins pipi que d’habitude :
avoir de la fièvre, ou au contraire, une température très basse ;
être pâle, avoir la peau qui devient grise ou bleue, avoir les mains ou les pieds froids ;
avoir des taches sur la peau.
Votre médecin pense au sepsis lorsque vous ne vous sentez vraiment pas bien et que vous pouvez avoir une infection.
Il ou elle vous pose des questions pour savoir quels sont vos symptômes et comment ils évoluent. Il ou elle essaie aussi de savoir si vous avez un risque plus élevé de sepsis (voir Quels sont les facteurs de risque d’un sepsis ?).
Ensuite, il ou elle propose de vous examiner. Votre médecin prend votre température, compte les battements de votre cœur et mesure votre tension artérielle. Il ou elle observe et écoute votre respiration et mesure la quantité d’oxygène dans votre sang à l’aide d’un petit appareil placé sur le doigt (oxymètre ou saturomètre). Il ou elle peut aussi vérifier vos réactions, si vous avez du mal à parler ou à vous concentrer. Il ou elle peut éventuellement demander l’avis des personnes qui vivent avec vous, pour savoir si elles ont remarqué un changement par rapport à vos habitudes.
Si votre médecin pense que vous avez un sepsis, il ou elle vous oriente directement vers l’hôpital.
Hôpital
A l'hôpital, l’équipe médicale essaie de savoir d’où vient l’infection, quel microbe provoque l’infection et vérifie si vos organes sont abîmés. Pour cela, elle peut, par exemple :
faire une prise de sang ;
demander une analyse d’urine ;
proposer un examen d’imagerie, par exemple, une radiographie des poumons.
Que pouvez-vous faire ?
Si vous avez une infection et que vos symptômes ne s’améliorent pas ou s’aggravent, même avec un traitement, contactez votre médecin.
Si vous pensez que vous avez un sepsis ou qu’une autre personne a un sepsis, consultez un ou une médecin le plus vite possible ou appelez le 112. Plus le traitement est commencé tôt, plus les chances de guérison sont élevées.
Appelez directement les services d’urgence (112) si la personne :
est très confuse, a du mal à rester éveillée ou a du mal à parler ;
est très essoufflée, a du mal à respirer ;
a la peau qui devient grise ou bleue ;
a des petits points ou des petites taches rouge-mauve sur la peau (pétéchies) qui ne disparaissent pas lorsque vous appuyez dessus ;
n’a pas uriné de toute la journée
ne se sent soudainement vraiment pas bien.
Un sepsis peut évoluer rapidement vers un choc septique. Le cœur bat très vite et la respiration est très rapide. La tension chute et la peau est pâle et froide. C’est une urgence : appelez directement le 112.
S’informer sur sa santé
Quand vous êtes malade et que vous allez voir votre médecin, posez-lui des questions pour savoir, par exemple, ce que vous avez, comment les symptômes peuvent évoluer et quand revenir le voir ou la voir si vous ne vous sentez pas mieux.
Prendre les antibiotiques à la bonne dose, au bon moment, pendant le temps qu’il faut
Si un ou une professionnel·le de la santé vous a prescrit un antibiotique, prenez-le comme il ou elle vous l’a recommandé. Prenez votre antibiotique aux moments de la journée prescrits et à la dose prescrite. Essayez de ne pas oublier une dose. Respectez la durée du traitement, même si vous vous sentez mieux.
Vaccins
Des vaccins existent pour aider à se protéger contre des infections qui peuvent provoquer un sepsis.
Discutez avez votre médecin pour savoir quels vaccins sont recommandés pour vous. Cela peut dépendre de votre âge, mais aussi de votre état de santé, ou de vos habitudes de vie.
Pensez à faire vacciner les enfants selon les recommandations du calendrier de vaccination belge (voir En savoir plus). La plupart de ces vaccins sont remboursés, en partie ou complètement, par la mutuelle.
Que peuvent faire les professionnel·les de la santé ?
A l’hôpital, l’équipe médicale vous donne le plus rapidement possible des antibiotiques en perfusion. Elle peut également vous donner :
Votre médecin propose un traitement en fonction de la cause de l’infection. Par exemple, si la cause est un abcès ou un cathéter infecté, vous pouvez avoir besoin d’une opération pour percer l’abcès ou retirer le cathéter.
L’équipe médicale surveille votre tension artérielle et le fonctionnement de vos organes. Cela se fait souvent aux soins intensifs.
Après un sepsis
Après un sepsis, cela peut prendre du temps pour se rétablir et reprendre ses activités habituelles. Certaines personnes ont des symptômes qui persistent pendant plusieurs mois, par exemple, de la fatigue, une faiblesse musculaire, des problèmes de mémoire et de concentration. Certaines personnes se sentent anxieuses, ou déprimées.
Si vous avez des symptômes qui persistent après un sepsis, parlez-en avec votre médecin. Il ou elle peut vous rassurer, vous donner des conseils ou vous proposer un traitement, si nécessaire.